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Introduction

Pourquoi séparer des médias pourtant si proches ?
Tout le monde s’accorde à dire que bande dessinée et cinéma font partie de la même famille, mais personne ne s’y intéresse en tant que telle.

Le 7ème et le 9ème arts ont déjà été rapprochés par Will Eisner sous le nom d’art séquentiel ; Certains ouvrages s’intéressent aux différences entre les deux médias, mais c’est toujours en gardant une différenciation qui, si elle est justifiée, les deux arts étant différents, n’est pas toujours judicieuse, les deux arts étant tout de même très comparables.
Par exemple, on constate facilement que la théorie sur la bande dessinée est rare, anecdotique. Surtout lorsqu’on la compare à la théorie sur le cinéma, pour laquelle le nombre d’ouvrage est faramineux.

Mais faites donc une expérience :

Prenez n’importe quel ouvrage de théorie du cinéma, ouvrez le à une page au hasard, et remplacez le mot « cinéma » par le mot « bande dessinée ». A moins d’être tombé sur un chapitre de pure définition, bande dessinée et cinéma ayant tout de même leurs différences, vous risquez d’être surpris par la justesse de la nouvelle phrase.

Mon propos n’est pas ici de reprendre la théorie cinématographique déjà existante et de l’adapter à la bande dessinée, ni de faire un inventaire des différences et des points communs entre les deux médias, encore moins de faire une analyse de l’adaptation. Mais toutes ces recherches peuvent éclairer mon étude.
C’est pourquoi je ferai d’abord un inventaire des échanges existant entre bande dessinée et cinéma, afin de développer des outils conceptuels. Je tenterai de m’attacher aux échanges les plus riches, ceux qui révèlent dans un des arts comme dans l’autre ses faiblesses et avantages sur l’autre, ainsi que la nature de leurs relations. Ainsi je démontrerai par des exemples variés que, malgré leurs spécificités, bande dessinée et cinéma font partie de la même famille artistique.

Ayant mis en valeur cette relation et développé des outils de travail théorique, je m’attacherai à cette nouvelle famille pour en définir les points nodaux. Je ne négligerai pas pour autant les différences révélées par la précédente partie. Au contraire, je montrerai comment par des caractéristiques qui leur sont propres les deux médias remplissent les mêmes objectifs, voire les mêmes effets.
J’espère ainsi mettre en valeur les caractères qui permettent de considérer l’art séquentiel comme un art englobant cinéma et bande dessinée.

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