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1.4> Le style "BD" au cinéma (1/3)

Définitions

On entend parfois dire d’un film qu’il est très bande dessinée. La critique cherchant en effet à faire correspondre à un genre toute œuvre cinématographique, recherche de la même façon à définir une esthétique commune à plusieurs films. On s’éloigne alors de la notion de genre pour s’approcher d’une notion très proche, celles de mouvement. Ainsi plusieurs œuvres très éloignées par leurs genres sont souvent considérées comme issues du même mouvement.
« The Matrix » (Andy et Larry Wachowski, 1999) rentre dans le cadre du fantastique, et la série des « Indiana Jones » (1981, 1984 et 1989, Steven Spielberg) est catalogué film d’aventure. Pourtant ces œuvres se voient mises en relation par des critères dépassant le genre. Pour beaucoup elles doivent énormément à la bande dessinée. Quelle est donc la légitimité de ce terme ? Il est clair que l’on est dans un même cinéma spectacle, pourtant il existe de nombreuses différences entre les deux réalisations.

« The Matrix » est donc considéré comme un film bande dessinée. On peut noter, pour aller en ce sens, que de nombreuses personnalités issues du milieu de la bande dessinée sont associées au projet. Le story-board est de Steve Skroce, dessinateur américain ayant officié sur des best-sellers du comics , tel « X-Men » ; le design est, entre autres, de Geoff Darrow, un autre auteur de bande dessinée. De plus le site Internet du film regroupe plusieurs travaux écrits ou dessinés par des personnalités de la bande dessinée américaine et britannique. Enfin les réalisateurs admettent apprécier et s’inspirer de ce médium.
Cela suffit-il ? Les films de Renais et Fellini, alors que leurs réalisateurs sont très attachés à la bande dessinée, en tant qu’anciens artistes ou lecteurs assidus, ne seront pas pour autant considérés comme des films bande dessinée par le public.

En fait ce genre de film dépend plus d’une esthétique et d’une thématique proches que d’un réel rapport entre les deux médiums.
Ainsi ces considérations s’effectuent principalement autours des comics mainstream et des blockbusters américains, qui suivent une même logique commerciale d’attraction du public, d’investissements importants, et d’images chocs.
C’est pourquoi l’on retombe souvent sur des thématiques proches, les thématiques riches en spectaculaire et s’éloignant d’un réalisme parfois ennuyeux. C’est la toute puissance du rêve américain, les choses vues en grand, et avec des moyens démesurés.

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