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2.4> Lectures dirigées et imposées (3/3)

Nouveaux médias, nouvelles lectures.

Ces considérations ne concernent que les formes classiques de bande dessinée et de cinéma. L’apparition des nouveaux médias a énormément modifié les modes de lectures de l’art séquentiel.

Ainsi, la vidéo permet-elle de revenir sur une séquence, d’accélérer la lecture, de la ralentir, de faire un arrêt sur image. Le DVD outre ces options permet de rajouter un contenu interactif, de monter les séquences dans l’ordre voulu, ou d’accéder à des points clefs du film en un instant.
Le réseau Internet peut être considérer comme l’avenir de la bande dessinée. Accessible, avec une grande capacité de diffusion, on trouve un nombre conséquent de bandes dessinées téléchargeables, même si se pose alors le problème de la rémunération des auteurs [1].
Pour ce qui est de la vidéo, le débit de données des réseaux actuels n’autorise que de courtes séquences d’une qualité médiocre, même si la vélocité des transmissions ne cesse de s’améliorer. On trouve déjà des émissions, courts métrages, voire longs métrages plus ou moins librement diffusés, le réseau informatique étant aussi une formidable passerelle vers la non-reconnaissance du droit d’auteur [2].

Pourtant les possibilités de ces médias sont rarement exploitées.
Les DVD se contentent la plupart du temps de transcrire le film en y ajoutant les options de langages et de sous-titres ainsi que des bonus ne consistant qu’en des interviews, making-off, etc... Bref rien de plus que ce que peut proposer le cinéma ou la vidéo, avec néanmoins l’interactivité en plus. Cette dernière est bien souvent fictive, car les choix du spectateur sont très limités, et ne concerne en fin de compte que l’ordre de diffusion de séquences prédéfinies.
Il existe pourtant des films interactifs, qui exploitent une partie de ce potentiel, mais on se rapproche alors du jeu vidéo, avec une liberté réduite, et au final les mêmes possibilités que celles énoncées précédemment, c’est à dire un choix de l’ordre et du contenu de la diffusion.

Les bandes dessinées sur Internet se plient la plupart du temps aux règles classiques de découpage en planches et cases, alors que ce nouveau support permet d’élargir les possibilités de façon extraordinaire. Ainsi certaines bandes dessinée ont pu proposer des contenus sonores, des animations, bref se rapprocher du cinéma.
D’ailleurs, vouloir rendre la bande dessinée interactive se résume souvent à la rapprocher du cinéma. Des animations simples et du son enrichissent la planche virtuelle, mais ce n’est là qu’une exploitation de données cinématographiques, sans prendre en compte les particularités de la bande dessinée.
Pourtant certaines expériences existent. Scott McCloud propose ainsi sur son site des bandes dessinées adaptées au support Internet, qui ne se limitent plus au format de la page et exploitent les possibilités de scrolling [3] de l’image. Ainsi elle s’étend avec un potentiel illimité aussi bien vers le bas que sur les cotés, la mise en page indiquant au lecteur vers ou il doit se diriger. Quoi qu’il en soit, il n’a fait dans l’absolu que créer un nouveau cadre, externe celui-ci : l’écran de l’ordinateur.

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[1Scott McCloud traite ce sujet dans « Reinventing comics », ainsi que dans le comic online I Can’t Stop Thinking.

[2Cela donne aussi accès à des œuvres étrangères introuvables, sous-titrées par des fans, mais demeure tout de même illégales.

[3Scrolling : défilement d’une image (ou ici du contenu d’une page Internet) plus grande que le cadre à l’intérieur de celui-ci. On parle de scrolling vertical, horizontal ou multidirectionnel en fonction de la directivité de celui-ci. Dans le cas qui nous intéresse, c’est le lecteur qui dirige le scrolling afin de guider sa lecture.

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