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Conclusion

La conclusion tant attendue (enfin j’espère) de mon mémoire !

L’art séquentiel est donc un art du mouvement, et ceux quelles que soient ses manifestations.
Malgré son aspect statique, la bande dessinée suis toutes les règles d’une image en mouvement, et l’esprit humain ne peut que difficilement se souvenir d’une bande dessinée comme quelque chose de fixe. Il est vrai que sans un apprentissage de la lecture séquentielle le mouvement n’apparaît pas de façon évidente, surtout en ce qui concerne le 9ème art. Mais comprendre les mots d’un texte nécessite ce même apprentissage. En art séquentiel, celui-ci est plus discret, car dicté par des règles tacites issues de millénaires d’Histoire de l’image.

Bande dessinée et cinéma font donc partie d’une même famille. Leurs fonctionnements dépendent des mêmes phénomènes primordiaux, de la même grammaire, et chacun a su prendre dans l’autre ce qui lui paraissait adaptable. Ainsi le phénomène de juxtaposition obéit aux mêmes principes, les coupes et les gouttières ayant un même rôle : ce sont tous deux des espaces inter-iconiques, des lieux d’ellipses, des interstices dans lesquels l’histoire prend forme. Cela n’a pas empêché chaque médium de développer un vocabulaire qui lui soit propre, et une dynamique personnelle, afin de mettre en valeur leurs ressources identitaires issues de systèmes de montage différents.

Non seulement la bande dessinée et le cinéma peuvent être considérés par leurs points communs comme un art unique, mais il semble qu’ils nourrissent cette relation, se cherchant l’un l’autre au travers des mêmes thématiques narratives, des mêmes effets de style, de la même volonté de représenter le temps.

On se retrouve avec des méthodes créatives proches, un scénario étant aussi bien adaptable en un film qu’en une bande dessinée.
Tous deux partent souvent de ce texte littéraire. Même s’ils peuvent s’en passer, le scénario est à la base de la plupart des réalisations d’art séquentiel. Chacun l’adapte avec son propre langage, cela créant parfois des concordances, et d’autres fois des discordances pour ce qui est des effets. Mais on ne peut négliger les concordances, trop importantes pour que l’on puisse nier l’apparenté.

Dans les deux médiums l’imagination est mise en exergue. L’effet phi intervient de façon plus ou moins prégnante, afin de reconstituer une histoire en mouvement. Ce sont là encore des caractéristiques de l’art séquentiel.

L’un a déjà conquis le grand public, l’autre est en passe de le faire. Les tabous issus du cloisonnement des genres (et qui concerne surtout la bande dessinée à cause de son public d’origine) se brisant lentement.

Peut-être considérerons nous plus tard bande dessinée et cinéma comme un seul et unique art séquentiel, leur destin se croisant de plus en plus avec l’apparition des nouvelles technologies. La bande dessinée se meut, le film n’est plus à subir mais nous offre des choix.
Espérons que l’on n’assiste tout de même pas à une dilution de ces arts, car chacun possède ses particularités qui en font le charme. Mais nous rentrons là dans un débat qui n’est pas notre sujet et qui concerne l’avenir des arts imprimés, que ce soit sur le papier ou la pellicule, face aux médias informatiques, mais surtout le goût du lecteur pour le contact du vélin et l’obscurité de la salle de cinéma.

Bonus

Commentaires

  • > Conclusion
    20 janvier 2005, par sim

    il était aussi possible de parler des storyboards : la bande dessinée est, au final, très proche d’un storyboard de film ou de film d’animation... Il il a bien quelques différences ici et là, mais le fond reste le même : encore une relation importante entre cinéma et bande dessinée...
    J’aimerais d’ailleurs bien savoir lequel a été créé en 1er : le cinéma ou la bande dessinnée...
    On peut sans aucun doute répondre la bande dessinée, car, au fond, les fresque préhistoriques ne sont elles pas de la bande dessinée primitive ? Je m’avance sans doute un peu, mais le sujet mérite d’être creusé...



    • > Conclusion
      20 janvier 2005, par One Eye Pied

      Tout d’abord, merci pour ton commentaire.

      Je consacre toute un chapitre de ma première partie au story board, et j’essaye de bien montrer en quoi il n’est pas vraiment de la bande dessinée.

      Le story board est au cinéma ce que les rought sont à la BD. Un travail préparatoire. Sauf que les rought permettent de visualiser et d’expérimenter l’espace qui sera utilisé dans la futur BD, alors que la story bord est surtout une aide au niveau du cadre, et, de façon secondaire, au niveau du timing et de l’impression temporelle.

      Pour répondre à ta question "qui est le premier", j’aurais tendance à dire la BD, mais dans une forme primitive. Le cinéma dépend trop d’impératif technique. D’ailleurs le mot "cinéma" est le nom de l’appareil qui sert à projeter le film.

      En ce qui concerne les fresque préhistorique, une des questions des préhistoriens est de savoir si elle représente un panorama, ou plusieurs étapes d’une même action. Mais sans remonter aussi loin, on trouve des traces de BD dans les tapisseries médiévales et dans les fresques égyptiennes et Incas. Je te recommande l’excellent livre de Scott McCloud qui en parle un peu.


      • > Conclusion
        2 février 2005, par sim

        merci pour toutes ces recommandations... et pour revenir à la BD "préhistorique" le dernier science et vie, celui du mois de fevrier, a fait tout un dossier sur ce sujet...