Logo Businux

Michel, ta gueule

On me dis bavard, ce que je ne nie pas. On me dis soûlant, parfois c’est vrai, je le concède. Mais il existe pour moi un maître dans ce domaine, quelqu’un qui a su s’affranchir des barrières du politiquement correcte afin de nous livrer constamment le fond de sa pensée. Oui, j’ai bien dis constamment.

Michel, c’est l’autre frère, le troisième, celui qu’on a trouvé dans la poubelle.
Entre nous, on l’appel "petit con". Mais c’est affectueusement que l’on emploi ce sobriquet, car il est pas si méchant que ça Michel.
Pourtant, je n’avais pas encore oser dire ce que je pense de lui sur ce site. C’est pourquoi, en ce 6ème jour du 6ème moi de la 6ème année, date anniversaire du jour où on l’a arraché à sa famille porcine du bord de la route de Vizzavona, je vais corriger cette erreur.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Ce n’est pas que l’inspiration me manquait, mais je craignais de devoir me confronter par la suite à l’assault verbal de Michel, cherchant à réfuter mes arguments par des répliques fallacieuses. Aujourd’hui je suis prêt à supporter cela.

Michel, une fois sortie de la fange, s’est vite montré comme le casse cou de la famille. Faisant bisquer Yann en faisant du vélo sans petites roulettes bien avant lui, on voyait déjà qu’il avait quelque chose à prouver au monde.
Ce tempérament le conduisit à sauter de 2m de haut, pour faire comme les grands. Il n’avait sans doute pas relevé que les grands, eux, se lâchait lorsqu’ils étaient à bout de bras, et que leur chute se réduisait donc au maximum à 60 cm.
Il en résultat un coude fracassé, mais ce n’est pas ça qui empêcha Michel de remonter sur son vélo. Et sans petites roulettes.

Cette attitude face au danger ne changea pas avec le temps. Tandis que Yann et moi attendions patiemment que nos parents soient occupés chacun de leur coté pour leur demander une faveur, ce qui nous permettait d’obtenir le très positif "demande à ta mère / ton père", Michel se jetait dans la mêlée sans protection, et tant pis s’il tombait au milieu d’une engueulade.
Peut être est ce de la que viens sa paranoïa [1] ? Car il faut l’avouer, la technique de Michel portait rarement ses fruits, et conduisait régulièrement au dénis de ses demandes. Pour Yann et moi ça roulait plutôt bien.

Mais Michel n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Je me souviens de l’une des premières visites de ma chère et tendre, il y a prêt de 8 ans. Elle, toute timide devant cette joyeuse famille, ne s’attendait vraiment pas à ce que la première réplique du petit frère fut "Ça y est, je suis un homme".
Oui, Michel dis tout haut ce qu’il pense ... tout haut.

Si cela peut devenir un grave inconvénient pour le commun des mortels, ce n’est pas le cas pour Michel. Retombant toujours sur ses pieds [2], il a su utiliser son défaut comme un atout.

D’abord, en bossant dans le service : la plupart des gens aiment qu’on leur fasse la conversation. Cela les conforte dans l’idée qu’ils sont intéressants. S’il savait que Michel ne fait que répondre à un besoin maladif de communiquer, sans aucun égard pour leur personne, qu’ils tomberaient de haut !
Ensuite en partant : Yann c’est le glandeur de la famille ; moi je suis le chanceux. Michel, c’est le bosseur.

Et comme il avait fait le tour des bars d’Ajaccio, il a pris sa planche de surf, et est partie au Canaries. Lui si scolairement moyen se retrouvait dans un pays étranger, ou presque personne ne parlait sa langue !
Pourtant, cela ne l’empêcha pas de trouver une copine.
Imaginez : vous êtes en pays étranger, vous parvenez à sortir avec une fille que vous ne comprenez pas. La plupart des gens s’arrêterait à la partie de jambe en l’air, plierais leurs bagages et rentrerais au pays. Pas Michel.
D’autres prendrait des cours de langue afin de pouvoir se méler aux autochtones. Pas Michel.
Non seulement il reste sur place, non seulement il évite les cours de langue, mais il parvient à parler espagnol en 3 mois, et à se trouver un boulot dans un bar hype !

Comprenez le : dans sa soif de communiquer, l’écart linguistique était un vrai frein à son épanouissement. De plus, il ne pouvait rester silencieux ou incompris.

Et c’est là la force de Michel : savoir se faire entendre, ou qu’il soit, quelque soit les circonstances. C’est parfois fatiguant, parfois amusant [3], mais c’est ce qui le rend unique.

Car si Michel n’est pas un cadeau, il est de ceux qui s’offre tout entier, sans cachotteries. A chacun de supporter le pire, afin d’en apprécier le meilleurs.


[1On se souviendra du fameux "je ne suis pas ranoïaque ! Pourquoi est ce que tout le monde m’en veux ?", qui n’arrangea pas sa réputation.

[2Sauf lors du tragique incident précédemment cité.

[3Michel : "C’est quoi un cunnilingus ?", Yann : "Une sorte de nuage."

Commentaires

  • Michel, ta gueule
    11 octobre 2006, par djrage

    c’est beau 3 freres...



  • Yann le glandeur ?
    7 juin 2006, par Yannor

    Trés chouette article ! Qu’est ce que tu écrit bien dis donc, et qu’est ce que tu es beau ! Une si grande beauté qui n’arrive pourtant pas à masquer ton puissant intellect....Bon maintenant tu retire "Yann le glandeur" !!!




  • Michel, ta gueule
    7 juin 2006, par Tu hermano pequeño

    En fait je suis tt ému j’aurai jamais pensé a ca !!!! Merci beaucoup ca me fais très plaisirce que tu as écrit.....

    Et mon K-DO il est ou ?????????