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1.4> Le style "BD" au cinéma (3/3)

Thématiques.

En général, les films dits bande dessinée sont des films d’aventures ou de science-fiction, puisant dans les univers pulps [1] ou bien l’univers graphique d’un dessinateur. A la base ces œuvres sont donc totalement indépendantes d’un quelconque budget. Le passage au cinéma suppose des modifications en fonction de l’argent disponible pour la réalisation.
- L’inspiration pulp a donné lieu à des films comme la série des « Indiana Jones ».
- Celle issue d’un univers graphique, ou le talent originel de l’auteur référent était autrefois trahi, s’est développée grâce aux énormes possibilités qu’offrent les nouvelles technologies en matière de prises de vue et d’angles de cadrage.

Évidemment, les films d’animations entrant dans cette catégorie respectent fortement l’univers graphique originel. Mais il faut noter quelques exceptions, comme Papyrus, dont le style graphique a complètement changé en passant à l’animation afin de plaire à un public plus jeune et de correspondre aux critères graphiques de l’animation contemporaine. Pour ce qui est du film avec acteur réel, on peut noter les deux premiers « Batman », de Tim Burton (« Batman » 1989 ; « Batman, le défi » 1992), qui respecte bien l’univers graphique distillé par Frank Miller lors de son passage en tant qu’artiste et scénariste sur ce comic. Mais cela ne correspond qu’a une période bien précise de l’histoire du Dark Knight, et de nombreux autres univers graphiques auraient pu lui convenir. Ainsi les films de Joël Schumacher (« Batman Forever » 1995 ; « Batman et Robin » 1997) correspondent bien plus au personnage des années 50.

Tous ces films sont des films d’actions, où le mouvement est essentiel.
La bande dessinée est par définition immobile, seul le talent de l’artiste peut donner un semblant de mouvement, une illusion de déplacement. Dire de « The Matrix » que c’est un film bande dessinée est donc presque une aberration ! Il est étonnant de constater que l’on peut comparer des films très dynamiques, aux montages très découpés, à des supports statiques [2].
Si l’on met de coté les phénomènes de persistances, que nous étudierons plus loin, on peut donc remarquer qu’il existe un amalgame entre deux choses censément non comparables. Pourtant la rythmique nécessaire à la définition de l’action est restituée par la bande dessinée par des moyens qui lui sont propres. Celle-ci est donc facilement assimilable par le lecteur à du mouvement, même s’il n’en est rien. De plus la succession de cases pauvres en texte, nécessaire à la description d’une série d’actions rapides, favorise une lecture qui correspond au montage saccadé des films d’actions.
Le montage du film est alors assimilé au rythme effréné des comics mainstream et autres bandes dessinées populaires ou l’action prime sur la réflexion. Les thématiques sont quasi identiques entre les deux genres ce qui met en évidence la comparaison.

Nous avons donc une définition du style film bande dessinée : un film où l’action est prépondérante et mise en évidence par un montage rythmé, et dont l’esthétique est axée sur une charte graphique marquée.
On peut classer dans ce genre la plupart des films de science fiction, d’action (« Star Wars », « Aliens », et autres...), les films d’aventure à la « Indiana Jones », et la plupart des films de série Z ; bref, tous ce qui rentre dans la catégorie des blockbusters et de leurs copies, hors comédies et films sentimentaux.

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[1Le style pulp est un dérivé des dimes novels. Il correspond à des romans bon-marché, sur papier recyclé, de faible qualité littéraire. Il privilégie l’évasion, le rêve et le fantastique dans des univers manichéens remplis de méchant savants fous allemands, de jeunes filles en détresse, et de bases secrètes hi-tech. C’est à dire toutes les valeurs positives de l’après guerre. Ce sont les romans de gare des américains.

[2Même s’il est vrai que le cinéma n’est aussi qu’une illusion de mouvement, il s’appuie sur un phénomène scientifique peu dépendant de notre imagination. En effet, lorsque l’on comble les manques en bande dessinée, c’est un travail d’imagination, tandis qu’au cinéma c’est principalement un phénomène optique (cf. l’effet phi : persistance rétinienne et cérébrale).

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